Revue de presse

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L'art naïf dépoussiéré

Géré depuis deux ans par l'Association Internationale d'Art Naïf, le musée pictural de Vicq a vu sa fréquentation quintupler entre 2000 et 2002. Une croissance imputable aux efforts de la nouvelle direction qui, à force d'initiatives, parvient peu à peu à transformer cet ancien "mausolée" culturel en vitrine de la vie touristique locale.

L'écrin ne se dépare en aucune manière de son contenu, alliant tout à la fois pureté et caricature. A peine le visiteur a-t-il poussé les grilles forgées qu'il pénètre derechef un univers floral à forte consonance anglo-saxone, agrémenté de roses trémières et de rhododendrons.

Au terme de ce couloir végétal, au-dessus duquel trône la statuette moqueuse d'un faune flûtiste, une petite porte informe le public qu'il s'apprête à investir le musée international d'art naïf (mouvement pictural autodidacte d'inspiration primitiviste né au début des annéesz 1920), situé dans la localité de Vicq.

Créé en 1973 par le collectionneur et mécène Max Fourny (1904-1991), cette exposition permanente de quelque soixante-dix toiles, exaltant les puissances d'abîme des plus grands maîtres naïfs du XXe siècle, de Le Douanier-Rousseau à Milinkov, en passant par Delacroix, ne restitue cependant que de façon partielle l'incroyable patrimoine pictural conservé en ces lieux. « Notre fonds de catalogue se compose de plus de 700 pièces. Malheureusement, il nous est impossible de tout exposer », a expliqué, dimanche, Julien Sage, attaché culturel au sein de l'établissement.

Jeux pour enfants

Afin d'exhumer ces œuvres de l'anonymat auquel leur trop grand nombre semble les condamner, l'association internationale d'art naïf, qui dirige le musée depuis près de deux ans, bouleverse totalement la présentation des salons d'exposition en développant chaque trimestre une nouvelle thématique, l'objet de la collection estivale 2002 étant dévolu à l'univers de la promenade.

Un sens de la mise en scène et un penchant pour la diversité qui ne suffisent, à eux seuls, à assurer la fréquentation d'un musée dont l'isolement et la relative âpreté de son contenu souffrent de la concurrence des autres places-fortes culturelles sud-yvelinoises. « Afin de doper notre activité, nous nous efforçons de développer les visites de groupes en démarchant auprès des comités d'entreprise », a poursuivi Julien Sage. « Nous avons également mis en place diverses animations destinées aux enfants, telles que des jeux de piste ou des puzzles ».

Exposition itinérante

Autant de pièces qui, imbriquées les unes avec les autres, forment un dispositif ludique qui se complètera, à compter de la rentrée prochaine, d'une première tentative de décentralisation du musée. « Nous avons créé une exposition itinérante, "Balade en Yvelines", dont la première étape passera par Montfort-l'Amaury, du 14 au 24 septembre », a précisé l'attaché culturel du musée.

Une politique de "dépoussiérage" artistique qui a déjà permis à l'association de quintupler la fréquentation du musée, proche, depuis le début de l'année, des 500 visiteurs par mois. « Ce chiffre ne constitue qu'une étape », a conclu l'attaché culturel. « Aujourd'hui, nous devons adopter une démarche plus active si nous voulons sauver la collection Fourny de l'oubli ». Et assurer, ainsi, la survie et la promotion d'un site dont le mode de fonctionnement, en opposition totale avec les œuvres qui y sont exposées, n'a aujourd'hui plus rien de naïf...

Sébastien Couratin
L'écho de Rambouillet
14 et 15 août 2002