Revue de presse

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Un Musée International d'Art Naïf au cœur des Yvelines

Vicq, commune de 266 âmes, à quelque 7 kms de Beynes, abrite un Musée dédié à un art longtemps considéré comme mineur mais qui s'étend désormais dans le monde entier, tout en étant accessible à tous.

On l'appelle le MIDAN, pour Musée International d'Art Naïf. Un sigle abrupt pour désigner un lieu recélant les richesses d'une collection internationale. L'art naïf est véritablement reconnu dès la fin du XIXe siècle grâce aux œuvres du Douanier Rousseau. Pourtant, le "naïf primitif" est né au Moyen-Âge. Puis il est devenu un art populaire avec l'arrivée de peintres souvent autodidactes, souhaitant retranscrire un univers de rêve et de bonheur. Ces œuvres naïves sont en effet le reflet d'un monde empli de poésie, de fraîcheur et de fantaisie.

Un éditeur d'art, Max Fourny, passionné par cette forme d'art, a passé une partie de sa vie à constituer une collection riche de plus de neuf cents œuvres, peintures et sculptures, en provenance de plus de 40 pays. C'est donc à Vicq, dans sa maison de campagne, transformée dès 1973 en Musée, qu'il décida de faire découvrir au public sa collection, en grande partie, données par les artistes. Ainsi, des peintres de renommée internationale sont exposées, dont le brésilien Luis Carlos Figueiredo, récemment décédé, ou le français Michel Delacroix, pour ne citer qu'eux. Après le décès de Max Fourny, en 1991, Françoise Adnet, son épouse, elle-même artiste peintre, poursuit le travail de collecte et fait don du Musée, en 1996, à la Mairie de Vicq, à la condition qu'il reste ouvert au public.

Dès 1994, des bénévoles regroupés en association se sont investis pour assurer l'accueil du public et aménager, peu à peu, des salles supplémentaires. Depuis 2001, Daniel Besseiche, marchand d'art, assure la gestion du lieu, dans le cadre d'une nouvelle association.

Aujourd'hui, l'objectif est de mettre en valeur le patrimoine du Musée mais aussi de l'étoffer, en intégrant de nouvelles œuvres. Ainsi des contacts sont pris avec les ambassades des pays où l'art naïf est développé, principalement en Europe de l'Est, Amérique Centrale et du Sud, au Maroc... afin de répérer de nouveaux artistes. Le Musée propose à ses quelques 6000 visiteurs annuels, 3 expositions sur différents thèmes. Chacune d'entre elles permet de découvrir une partie de la collection. Des expositions itinérantes sont également organisées, principalement auprès des collectivités territoriales. Enfin, les enfants via les écoles maternelles et primaires notamment, peuvent se familiariser avec l'art naïf, lors d'accueil de groupes. Max Fourny a fait de la constitution de ce fonds, l'œuvre de sa vie. Il a contribué à faire connaître et à réhabiliter cet art, souvent méconnu et déprécié. Peu de musées en France, et même dans le monde, consacrent autant d'énergie et de moyens à mettre en valeur cet art si particulier et pourtant si populaire.

Beynes Actualité
Décembre 2003