| |
|
Survol virtuel de l'exposition
« Magie de la couleur »
Du 13 janvier au 2 mai 2004
| Salle
"Bleu". La première salle contient
des tableaux privilégiant les différentes
nuances du bleu. Couleur se prêtant à la
description de l'univers du rêve, le bleu ajoute
à la stylisation extrême des formes et crée
une irréalité étrange dans la Symphonie
en bleu de l'artiste française Marie-France
Pion. D'autres naïfs expriment à travers le
bleu l'émancipation du milieu urbain : dans
sa Ville déserte au petit matin, l'italien
Aldo Verzelloni diminue au minimum la taille des architectures,
et abolit ainsi symboliquement la notion de ville, au
moyen d'une perspective déformante ; alors
que dans Les Nouvelles Cités, presque
monochromes, du naïf belge Dany Gilson, les immeubles
envahissent la mer (ou bien est-ce la mer qui submerge
la ville ?). Entre le rêve et la cité,
Une Tunisienne rêvait de Pion montre une
femme seule contemplant la ville d'en haut : le rouge
de son parasol se distingue nettement du camaïeu
de bleus et de verts du tableau. Les tonalités
de bleu de la première salle produisent chez le
visiteur un dépaysement charmeur. |

Dany Gilson, Les nouvelles cités, 1979, gouache
sur toile, 50x60cm |
| Bijou
de la collection, une scène biblique de Ljubomir
Milinkov sur fond bleu intense : Le Voyage de Noé.
Est-il téméraire de dire que ce fond bleu
fait référence au lapis-lazuli, pigment très
cher, utilisé parcimonieusement par les enlumineurs
du Moyen-Âge ? Loin de symboliser naïvement
la mer, ce fond homogène aux motifs répétitifs
est comparable à l'espace immatériel doré
des icônes chrétiennes. |

Guja Bagni, Pierrot cosmonaute, 1974, acrylique sur
toile, 30x40cm |
Salle "Violet".
La deuxième salle est envahie par le violet. Né
de l'union du rouge et du bleu, le violet suggère
souvent le rêve, le mystère, l'utopie. C'est
dans le registre onirique que nous transposent l'Arlequin
et la dormeuse de l'allemande Ilse Dumpelfrau et le
Pierrot cosmonaute du naïf italien Bagni Guja.
Ce dernier multiplie le personnage de la commedia dell'arte
et le transforme en cosmonaute, dans une composition ludique,
dénudée de l'atmosphère mélancolique
tant associée au pierrot : une dizaine de pierrots-cosmonautes,
aux lanternes ou aux cerfs-volants, jouent dans un paysage
utopique, qui ressemble à un patchwork de tissus
à motifs décoratifs dans les tonalités
du violet. Paysage lunaire ? L'un des pierrots est
accroché sur la ficelle de son cerf-volant en forme
de croissant de lune, variation du personnage du pierrot
lunaire, traditionnellement assis sur sa lune. Mais le violet
c'est encore une couleur qui peut très bien signifier
la nuit, comme dans Le Thé de Minuit de
l'américaine Patricia Barton, ou bien l'automne,
comme dans Le jardin de Saint-Jean de la naïve
tchèque Nora Vlaskova. |
| Salle
"Rouge - Orangé - Jaune". La
troisième grande salle oppose les deux couleurs
primaires rouge et jaune, ainsi que leur mélange :
l'orangé. Ce sont des couleurs énergiques,
qui attirent l'attention, mais également des couleurs
qui ont le plus d'impact sur nos fonctions physiologiques.
Les artistes présentés dans cette salle
combinent et soulignent le rouge, l'orangé et le
jaune avec des formes également dynamiques. La
Repasseuse du naïf italien Toni Roggeri possède
une expressivité forte. L'accent est mis sur le
travail manuel, sur l'action de repasser, que les tonalités
du rouge et de l'orangé, en combinaison avec la
déformation de la ligne, expriment très
bien. Les Supporters du brésilien
José Saboia, datée 1983, tirée d'une
série de tableaux représentant les supporters
de l'équipe de football "Flamengo", revêt
une force par le choix de la couleur rouge intense, combinée
avec le noir et le blanc. Le rouge des drapeaux du Club
Flamengo et des chemises des supporters (qui assistent
au match portant les couleurs des joueurs) envahit la
plus grande partie du tableau. |

José Saboia, Torcedor, 1983, huile sur toile,
46x55cm |
|

Jacqueline Benoît, Adam et Ève chassés
du Paradis, 1982, huile sur toile, 60x72cm |
Salle
"Vert". Le vert est une couleur associée
à la nature, et à l'arbre, l'un des motifs
privilégiés des naïfs, auquel Max Fourny
dédia son édition d'art L'Arbre
et les Naïfs. Les arbres des naïfs
ont leur propre vie ; souvent des scènes entières
se déploient sur leurs branches. Dans cette salle,
sont montrés non seulement le paysage naturel et
les travaux des champs, mais également des paysages
imaginaires, tels qu'Adam et Ève chassés
du Paradis : dans ce tableau, Jacqueline Benoît,
représentante française des peintres naïfs
vivants, orchestre la végétation, les figures
imposantes des anges et les coprs d'Adam et d'Ève
de manière à susciter un dynamisme. Au travers
de tonalités sombres, et un dégradé
qui tend à l'estompé, Nicole Meunier crée
une atmosphère verte mystérieuse dans La
licorne. Enfin, dans la salle verte, encore deux tableaux
de Ljubomir Milinkov sont à l'honneur : La
Moisson et les Frémissements dans l'air,
véritables icônes de la campagne serbe. |
| Salle "Multicolore".
Le multicolorisme permet aux peintres naïfs de développer
l'un des aspects principaux de leur création, qui
est le souci du détail, à travers une prolifération
de personnages, d'arbres, de fleurs, d'animaux, de maisons...
A côté des naïfs brésiliens, du
costaricain Isidro Con Wong et de l'argentin Szabo Aniko,
les naïfs français Christiane Alsac, Geneviève
Peyrade et Raymond Riec montrent que le multicolorisme n'a
pas de frontières. |
La
couleur à l'honneur. Pourquoi ?
Couleurs
primaires, couleurs secondaires... Petit lexique des couleurs !
Les
enfants, peuvent-ils visiter l'exposition ?
Toutes
les informations pratiques pour visiter l'exposition « Magie
de la Couleur ».
|
|