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Parcours virtuel de l'exposition
L'Homme et la Nature
Du 25 septembre 2007 au 23 mars 2008
Texte de David Coelho

Raymond Riec, France
Le Dieu Pan dans la forêt vierge
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Paradis
perdu
La première partie de l’exposition
est consacrée à la Nature originelle : il
s’agit d’un milieu naturel où l’Homme
n’est pas encore intervenu. Elle correspond à
un âge mythique, qui a partie liée avec les
origines même du genre humain : de nombreux mythes
sur la création du monde font intervenir un jardin
primordial et paradisiaque : c’est le cas du Jardin
d’Éden, attesté dans le judaïsme,
le christianisme et l’islam. |
Plus
généralement, il semble que les notions
de Nature et d’origines aillent bien de pair dans
l’esprit humain. Cette nature mythique et idéale
s’associe à un cadre luxuriant et à
des scènes de jungle, celle-ci étant naturellement
considérée par les artistes comme l’écosystème
le plus intact et foisonnant, le plus à même,
donc, de donner un aperçu de ce paradis perdu.
Dans cette salle, nous redécouvrons les fondamentaux
des premiers peintres naïfs. On ne peut s’empêcher
de rapprocher la Nature dépeinte dans Le Dieu
Pan dans la forêt vierge de Riec avec La
charmeuse de serpent du Douanier Rousseau.
Vous découvrirez également des œuvres
inspirées de la Genèse, comme le bosmétal
(technique de martelage du fer peu connue en Europe) de
l’Haïtien Gary Darius intitulé Adam
et Ève.
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Gary Darius, Haïti
Adam et Ève |

Anonyme, Bali, Indonésie
Cueillette du riz et offrande
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Nature
et travail de l’homme
Paradis perdu implique travail de la
Nature pour en tirer subsistance : l’Homme a donc
appris, au fil des âges et quelle que soit la civilisation
considérée, à tirer le plus de bénéfice
possible de son milieu. Ce second temps présente
donc un kaléidoscope des travaux des hommes sur
la Nature, d’autant plus variés que l’art
naïf dépeint avec justesse les cadres de vie
propres à chaque peuple : pêche en Afrique,
récolte du riz à Bali, des olives en France…
Du travail comme inévitable fardeau, issu de la
malédiction divine, à l’organisation
sociale…
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Inspiration
naturelle
Issu de sociétés vivrières,
forcément en contact étroit avec la Nature,
même travaillée, domestiquée, l’Homme
a donné naissance aux villes où elle est
de moins en moins présente. Plus l’urbanisation
progressait et plus une nostalgie de la nature s’est
emparée de lui. Le XVIIIème siècle
européen, qui marque le début de la Révolution
Industrielle, correspond ainsi au courant du Romantisme,
qui établit la Nature comme cadre idéal
du repos, de la rêverie et de l’inspiration
poétique. Néanmoins, de tout temps, la Nature
s’est vue investie d’une aura de mystère
et de magie, qui a influencé tant les croyances
du monde que la littérature. Du repos et de la
rêverie, en passant par l’œuvre de Shakespeare,
le troisième temps de l’exposition s’attache
à justifier la Nature comme cadre idéal
du rêve, et comme matériau fondamental de
l’inspiration de l’art naïf.
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Maria Pepa Estrada, Espagne
Le songe d'une nuit d'été
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Ernest Piljic, Ex-Yougoslavie Qu'est devenu le paysage
de mon enfance |
Nature,
état d'alerte
Enfin, la dernière
salle, propose une réflexion sur la Nature en danger
: il est indéniable aujourd’hui que l’activité
humaine menace la sauvegarde de la plupart des milieux
naturels. Les artistes naïfs, bien loin de la candeur
qu’on leur attribue trop souvent, n’ignorent
pas ces préoccupations. Massacre de la faune sauvage,
océans mazoutés ou arches de Noé
en perdition viennent conclure cette réflexion
sur les rapports de l’Homme et de la Nature.
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Constat
pessimiste ? Le formidable et gigantesque tableau de Lucien
Leguern, Apocalypse par un tremblement de terre,
dévoilé pour la première fois dans
l’histoire du Musée International D’Art
Naïf, tient lieu d’avertissement : la Nature
lésée pourrait finir par se retourner contre
son tortionnaire… |
Zelijko Bozic, Croatie
Déluge |
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